À Besançon, un "fraudomètre" dans les bus pour inciter les usagers à valider leur ticket

À Besançon, un "fraudomètre" a été mis en place dans certains bus afin de comptabiliser en temps réel le nombre de fraudeurs. En quoi ce dispositif constitue-t-il une forme de contrôle social ?

 

« Les fraudeurs n'ont qu'a bien se tenir à Besançon. Un fraudomètre vient d'être installé dans les bus. Une méthode douce pour lutter contre ce fléau, en s'appuyant sur les sciences comportementales. Une première en France.

La fraude est un véritable problème pour les opérateurs de transports publics, notamment dans les bus ou les contrôles sont moins fréquents. Une pratique qui malgré des amendes toujours plus sévères, ne faiblit pas. À Besançon dans le Doubs, la société Kéolis a décidé de miser sur un "fraudomètre" pour faire changer les comportements.

Comment ça marche ? À chaque arrêt, le nombre de personnes qui a validé son ticket s’affiche sur un écran grâce à des capteurs dotés de caméras. En fonction du niveau de validation, un message s’affiche alors pour "féliciter", "encourager" ou "alerter" les voyageurs à bord. Un affichage en temps réel de ceux qui auraient oublié leur ticket. Une initiative pour limiter les fraudes qui divisent les usagers.

Il y a ceux qui approuvent la méthode comme Karine : "Moi, je suis étudiante, je valide toujours ma carte, mais c’est vrai que pour l’entreprise c’est mieux, ça évite de frauder". Mais il y a également ceux qui n'y sont pas favorables, comme Patrice : "C'est affreux, c’est "Big Brother". Bientôt ce sera comme en Chine, il y aura les portraits des mauvais citoyens qui ne valident pas".

 

Un outil basé sur les sciences comportementales

Cet outil s’appuie sur la technologie combinée aux sciences comportementales et au "nudge" ou "coup de coude" en français, une dénomination qui recouvre l’ensemble des techniques visant à inciter les individus à changer de comportements sans les contraindre. 

Outre cette dimension incitative, le "fraudomètre" permet à l’opérateur d’identifier les arrêts du réseau où la fraude est la plus importante, en temps réel. Une fraude dans les transports qui atteint près de 12 % à Besançon. Un chiffre qui pèse sur le budget des villes dans un contexte économique déjà tendu. "Sur le réseau de Ginko, à chaque point de fraude, la collectivité perd 100 000 euros de recettes, donc ce n’est pas rien", précise Carol Ambrosini, directeur marketing Keolis. C’est donc plus d’un million d’euros de manque à gagner pour la ville de Besançon chaque année. Une fraude qui, dans une ville comme Marseille, peut grimper jusqu'à 20 %. »